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Le Malade Imaginaire, c'était comment Anita ?

« Le Malade Imaginaire » par l’Atelier « en scène » de Damien Poinsard – du 12 au 16 juin 2012 ou : La Compagnie Molière-Poinsard est née !

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À la Première du « Malade Imaginaire » le 10 février 1673, Molière tombe malade et meurt dans la nuit du 17 après la 4ème représentation. C’est triste. Damien Poinsard lui, a eu « seulement » des problèmes d’organisation : le théâtre Majak a fermé ses portes juste avant la 4 ème ! Donc déménagement rapide dans le THBM pour deux représentations dont la dernière était déjà prévue dans le cadre du Pique-Nique des Ateliers. Stress pur, les distances et l’acoustique étant complètement différentes. Mais rien n’a pu ébranler cette bande de passionnés.

Dans un décor on ne peut plus sobre : un water-closet (WC) trône dans toute sa splendeur (quelquefois aussi bancal !) et pendant toute la représentation sur une scène plutôt nue (aucun rapport !). J’ai déjà vu l’emploi de cet « accessoire » par des metteurs en scène qui espéraient choquer le public alors que ce n’était à mon avis que de l’exhibitionnisme inutile. Mais chez Damien, non. Génial, et si j’ose dire : bien placé. Habituellement, je ne cite pas les noms des élèves des Ateliers, mais je vais faire une exception. Les voilà, par ordre d’apparition et mon petit commentaire avec :


Argan, le Malade imaginaire, Romain Nguyen van yen, Impressionnant, très présent, le dos lourd de maux imaginaires, R. remplit la scène.

Toinette, servante, jouée par deux actrices:
Carmen Chraim, une boule d’énergie qui m’a laissée « à bout de souffle », mais elle non, du début à la fin, elle court, s’emporte, gesticule, déclame à la perfection et tout sans le moindre soupcon d’essoufflement.
Amélie Tarnier, sa sœur jumelle de théâtre, en plus posée mais pas moins intensive, elle surprend aussi, déguisée en médecin.

Angélique, fille d’Argan, Alexandra Gaudin, déjà bien remarquée l’an dernier, pleine d’énergie, elle sait aussi bien faire rire que donner la chair de poule dans les scènes tragi-comiques.

Béline, femme d’Argan, Chloé Risbourque, la révélation ! Chloé, privée si discrète, gentille, joue une Béline non seulement d’une élégance merveilleuse, mais aussi rusée que le renard avant qu’il n’ait fini en fourrure autour de son cou.

Madame de Bonnefoi, la notaire, Caroline Pfaff, chez Molière un homme, un rôle ingrat qu’elle joue très crédible.

Cléante, amant d’Angélique, Stéphane Peyré, il semblait sortir tout droit de « Rocky Horror Show ». C’est un compliment !

Monsieur Diafoirus, père, Christel Eggertswyler, jeune femme déguisé en père, elle n’y perd aucun charme et joue avec beaucoup de sensibilité. 

Thomas Diafoirus, fils de Monsieur Dafoirus, Gaelle Pages dans un rôle d’homme, elle est à mourir de rire, excellente. Chaque sourire, chaque regard, chaque haussement de sourcils est fascinant de perfection. C’est une passionnée, déjà présente l’an dernier, rien ne l’arrête, ni un bidet bancal à grimper, ni sa grossesse. (D’ailleurs, un beau baby-Fauve a rejoint la Ménagerie quelques semaines plus tard !).

Géraldine, sœur d’Argan, et encore Gaelle Pages. Je me répète volontiers : excellente. Elle passe du rôle masculin au féminin sans problème. Avec en plus un petit accent chaleureux du Midi, elle donne au rôle une grande sagesse tout en restant coquine sur les bords.

Monsieur Fleurant, médecin, de nouveau Christel Eggertswyler, de nouveau acculée dans un rôle masculin mais elle s’en sort bien.

Monsieur Purgon, médecin, de nouveau Caroline Pfaff, dans un rôle encore ingrat, elle joue très bien la caricature de ce médecin voulu « hart » qui a dû faire ses études de médecine aux Jeunesses Hitlériennes.


L’Atelier « en scène » n’est pas une école de théâtre où l’on travaille tous les jours. Il a lieu une fois par semaine à raison de 2 heures. Avec quel résultat ! Moi, qui ai eu la chance de voir la pièce deux jours de suite, je peux vous dire, que même si quelquefois j’ai découvert de toutes petites différences dans l’action, un élément essentiel est resté : la joie de jouer. Damien sait guider ses élèves, les motiver, développer leur énergie, tout en leur laissant cette joie. Et comme la joie peut aussi engendrer la créativité, les élèves ont envie de se surpasser. En exemple je vous donne la chanson écrite par une de ses élèves, Amélie Tarnier (servante dans la pièce). Un clin d’œil à la dualité de son rôle. 

Mais tout d’abord, je baisse mon chapeau malgré la poussière de la tente du THBM devant toute l’équipe technique, Léa Vassal en tête et l’équipe de traduction et sous-titres.

 

À chanter sur l’air de « Nous sommes des jumelles » du film « Les Demoiselles de Rochefort 

" Nous sommes deux sœurs jumelles
Nées sous le signe des gémeaux
Si fa si la ré si (si facile à récit) do si la mi do si la si (docile amie docile ah si !)
Rien que de la pagaille
Et de la magouille à gogo
Si fa si la ré si (si facile à récit) do si la mi do si la si (docile amie docile ah si !)

Nous savons tout, voyons tout, sentons (youh !) 
Rien n’échappe à nos yeux, poussière et voyou
Espionne ? Non sans facon ! plutôt curieuse de tout
Si ca reste entre nous, c’est moins marrant d’un coup

Nous n’avons qu’une seule chose pour nous tenir en laisse
Avoir notre affection et non pas nos promesses
Angélique est notre ange, Cléante son amoureux
Et grâce à nos deux visages, pour toujours bienheureux

Nous nous jouons des Diafoirus
Minable Docteur es Goulasch
Si fa si la ré si (si facile à récit) do si la mi do si la si (docile amie docile ah si !)
L’un pense par son cul
L’autre par son coup de cravache
Si fa si la ré si (si facile à récit) do si la mi do si la si (docile amie docile ah si !)

Nous n’avons jamais pu supporter
Madame Mais loin d’en faire la pub,
la réclame Nous feignons pour elle d’avoir des sentiments
Et agissant ainsi aidons les deux amants

Nous rions des maux les plus détestables
Le malade est de loin le plus exécrable
Rien ne sort de lui que de sales purgations
Les seuls à y mettre le nez sont Fleurant et Purgon

Nous sommes deux sœurs jumelles
Lavant l’honneur et les carreaux
Si fa si la ré si (si facile à récit) do si la mi do si la si (docile amie docile ah si !)
Préférant aux poubelles
Tous les complots et les ragots
Si fa si la ré si (si facile à récit) do si la mi do si la si (docile amie docile ah si !)"

Anita

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