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Anita est comédienne et membre fidèle de la Ménagerie. En 2009, elle a fondé la rubrique « Anita y était » et à l’issue de chaque évènement, elle prend la plume pour nous livrer ses impressions avec beaucoup de cœur, une pointe d’humour, un soupçon de poésie et un zeste de folie.

 

Ubu Roi, c'était comment Anita?

Ubu Roi d'Alfred Jarry, le 21 juin 2013, à la Theaterhaus Berlin Mitte

(Autres représentations les 22, 23, 28, 29 & 30 juin)

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Mis en scène par Damien Poinsard et « mis en jeu » par son atelier « En scène »

 

Ubu Roi, unisexe ! Eh ben merdre alors !
Unisexuel, mais pas sans attributs des deux sexes. Les seins, fesses et bedaines ubuesques ne laissent aucun doute. Uniforme et multipliée, une ribambelle de Pères et Mères Ubu, de rois et reines de Pologne, de Beaugrelas, de Bordure, de guerriers, de paysans (j’en oublie ?) nous offre un spectacle qui ne s’arrête pas à la scène mais continue derrière et sous la scène. Vous me suivez ?
Unisexe, parce que les acteurs masculins ou féminins changent non seulement de rôle mais aussi de sexe. Les Mères Ubu deviennent des Pères Ubu et vice versa (de même pour tous les autres personnages !). Derrière la scène, car ce changement veut dire : vite, nouveau costume, vite, se mettre dans la peau des personnages, leurs mimiques, leurs voix. Bref, une pièce de théâtre derrière les rideaux ! Et sous la scène parce que : idée géniale ! Sous de magnifiques étoffes drapées au sol (et aux murs) se dressent des chevaux, des ancêtres (Salut Hamlet), des feux s’allument et s’éteignent. L’illusion pure. On s’y croirait.
Ce qui peut paraître incohérent ne l’est pas, grâce au jeu des acteurs et de leurs costumes uniformisés (très chouettes d’ailleurs). Tout est clair (même pour les mémoires qui flanchent). D’ailleurs, je crois que je n’ai jamais aussi bien compris la pièce. La langue d’Alfred Jarry est dure voire grossière, ce qui souligne bien le caractère rabelaisien du Père Ubu. Elle est aussi au départ un pied de nez d’un collégien à la langue traditionnelle. Manie qui se développera officiellement quelques années plus tard mais sans beaucoup de succès et appelée Dada (grand-père du Verlan ?).

 

Un chef d’œuvre de travail pédagogique de Damien Poinsard et une grande démonstration de travail collectif et solidaire des participant(e)s de son Atelier. Cela n’a pas dû être toujours facile. Car j’en suis sûre, amateurs ou pros, ils ont tous un point commun : vouloir jouer UN rôle, LE beau rôle. Ici chacun est chacune, l’une est l’autre, tous et toutes sont soudés mais sans que leur unicité en souffre. Nous connaissons tous la phrase : l’Etat, c’est Moi. Et bien ici c’est : UBU, c’est NOUS !
J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir certain(e)s élèves du Malade imaginaire de l’an dernier :
Romain Nguyen Van Yen, Alexandra Gaudin, Gaëlle Pages, Carmen Chraïm, Chloé Risbourque, Caroline Pfaff, Stephane Peyré, découvert de nouveaux et nouvelles : Lucie Rivallant Delabie, Pauline Houédé, Viola Rötzsch, Philipp Offermann, Beate Pabst, Lisa Crinon et notre si dévouée traductrice fidèle à la Ménagerie depuis des années mais pour la première fois « en scène », Alexandra Henn (eh ben merdre, elle aurait ben pu monter plus tôt sur les planches !).

 

Merci à vous !
Merci à Julien Baudry pour les surtitres !
Merci ou Danke à Marco de la T. H. B. M. pour les illuminations au Palais d’Ubu Roi.

 

Anita

 

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