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Anita est comédienne et membre fidèle de la Ménagerie. En 2009, elle a fondé la rubrique « Anita y était » et à l’issue de chaque évènement, elle prend la plume pour nous livrer ses impressions avec beaucoup de cœur, une pointe d’humour, un soupçon de poésie et un zeste de folie.

 

 

 Le FTF#5, c'était comment Anita?

 


Le Festival de Théâtre Francophone #5, du 23 au 25 mai 2014,

à l'ACUD Kunsthaus.

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Vendredi

 

Ouverture du Festival 2014 par Damien Poinsard, Président de La Ménagerie et la pétillante Coordinatrice de ce Festival Alexandra Henn, le tout arrosé du tout aussi pétillant Champagne Bouvet et ça fait Bing ! Et ça va faire…

 

BANG BANG par la COMPAGNIE NUMERO 13 ET 3

Une Compagnie qui a déjà bien du succès en France. Rien d’étonnant. L’auteure et comédienne Sandra Bourdonnec avec Thibaud Lemoine et Clément Strametto ne jouent pas seulement à trois une dizaine de rôles différents mais aussi le même rôle est interprété par chaque acteur en chaîne. Une véritable performance et un grand divertissement! Bravo !

Et un double merci à Sandra Bourdonnec qui en plus de son travail théâtral n’a pas hésité à intervenir bénévolement au Festival de La Ménagerie. Quel engagement et quelle passion !

 

Je n’ai pas vu la pièce « Moi, je ne supporterai plus » par la Compagnie Racine de 2.

Je n’étais pas étonnée d’apprendre que le spectacle était excellent. La Compagnie m’avait déjà fortement impressionnée au Festival 2012 par sa représentation de « Les Bonnes ».

 

Samedi

 

Le Festival s’est permis un détour au cinéma avec le film « Go with le Flo », et pour cause !

Dans le rôle principal de Flo, on retrouve avec un grand plaisir Denis Aubert, plus connu sur la scène de La Ménagerie, pas seulement au bureau mais aussi dans les matchs d’impro, au début comme capitaine, à l’occasion arbitre et enfin « traducteur mal payé » mais très cool. Il s’impose avec son humour et son charme très discrets. De tels attributs ne pouvaient échapper au metteur en scène de BrightBlue Gorilla. Et voilà que nous (moi, j’ai vu le film deux fois !) pouvions nous régaler et même fondre devant ses doux yeux de « chien battu » tout le long du film et découvrir si nécessaire son talent d’acteur. Cette gentille histoire d’amour filmée dans Berlin et avec plein de visages connus va droit au cœur.

 

CHANGER DE VIE DANS DES MONDES MULTIPLES par la ELETRIC FLESH BRUSH COMPANY

Une pièce satirique (version courte) de Fränk Heller.

Le public se retrouve aussitôt sur scène pris dans une œuvre d’art. Attention ! Pas toucher ! Tout appartient à l’Œuvre. Les verres à pied ne se posent pas simplement sur la table, non, car elle est une partie de l’Œuvre. On ne sert pas de champagne à ce vernissage, mais une boisson à déguster assis plus tard dans son fauteuil et qui doit « nous donner envie de plus ». Elle sent l’eau bénite, devient tiède dans ma main et me rappelle les trois cuillerées d’eau obligatoires dans les colonies de vacances pour nous donner aussi de l’appétit. Tout se retrouve.

Et j’ai retrouvé aussi sur la scène mon « collègue » de la pièce « Les Pas Perdus » (ce n’est pas un jeu de mots) Ronan Favereau, pas seulement « beau mec », mais aussi très talentueux. Sa participation aux chants bretons dans la cour de l’Acud le prouve doublement. Et à propos de double, pendant que l’Homme, intellectuel bien sûr (Ronan donc) se rengorge sur le dualisme quantique, la Femme, Natascha Mattmüller, sexy, accomplit avec beaucoup de persévérance ses exercices d’aérobic. Je ne sais pas par quel détour elle emploie ensuite toute sa force, verbale alors, pour transformer l’Homme en bébé (le moi dédoublé ?) en déclamant dans un haussement de sourcils et un brin de scepticisme : « il faut tout lâcher pour repartir à zéro ». Si j’ai bien compris c’est de la vraie satire. Et très bien interprétée par les deux principaux acteurs, ainsi que par Nina Heithausen et Judith König, bonne présence, bonne diction. Bravo !

 

LES MEILLEURS DES AMOURS par ULRIKKE DÜREGGER & COMPAGNIE

Un chant poignant traverse le public. ELLE, descend lentement sur la scène. IL, est déjà là. Apparemment dans une salle d’attente. Une longue et étroite étoffe orange en forme de couloir les sépare. LUI, c’est un noir et il parle français, ELLE, c’est une blanche et elle parle allemand. Une conversation commence, mais ils ne se comprennent pas. Ce couple ou un autre, vivra une histoire d’amour, un déchirement. Ils sont trop différents, non seulement par leur couleur de peau, mais surtout par leur langue, leur culture. Il n’y a pas de surtitres pour le public pour qu’il ressente bien le problème de l’incompréhension. Une actrice et un acteur attachants dans une mise en scène impressionnante. Un musicien les accompagne décemment. Pas de décor. Les murs sont noirs. Les costumes noirs et orange, de cette couleur qui symbolise la chaleur, la confiance mais aussi la méfiance. Ce bout d’étoffe orange, seul accessoire, deviendra entre autres, dans les mains des acteurs, un lit, un vêtement, une longue table où le couple n’arrive plus à s’atteindre et même une gondole de Venise pour le voyage de noces. Génial ! J’ai beaucoup aimé.

 

LES MAUVAIS ELEVES avec PIERRE FILLIEZ, MATHILDE ROESCH, VINCENT SIMON

Jacques Prévert et l’humour noir ! Qui l’eût cru ? On n’a peur de rien derrière un masque !

Mais ils nous font frémir. Même sans, d’ailleurs. Ce n’est pas vraiment de la peur. On a même envie de rire tellement c’est macabre mais bien joué. Et plus émouvant : un vieux couple, lui dort et elle souffre d’insomnie. Je n’ai jamais vu un lit aussi fantaisiste et pourtant si simple sur une scène : une couverture et un oreiller et le tout vertical. Sous leurs gros masques blancs, le couple Mathilde Roesch et Vincent Simon, et derrière eux, le non visible mais très présent Pierre Filliez m’ont fait frémir. Cette fois de tendresse.

 

Dimanche

 

Comme à chaque Festival, une après-midi consacrée aux enfants avec des contes et même une visite au musée des contes. Un musée installé et présenté avec beaucoup d’amour.

J’ai vu et entendu avec grand plaisir : Gaëlle Pages, Charlotte Poisson, Mathilde Roesch, Bernadette Mallauran et Sabine Fontaine. Mais il y avait aussi Pierre Filliez et Carine Dubois (je les ai ratés, malheureusement).

Et quel dommage que si peu d’enfants soient venus !

 

PATRICK E(S)T MOI de CHRISTINA KYRIAZIDI

Un hommage à Patrick Dewaere. Mais qui était Patrick Dewaere ? J’espère bien que les jeunes spectateurs se sont précipités par curiosité sur Google. Jeune, elle l’est aussi, Christina Kyriazidi, l’auteure d’origine grecque et comédienne dans la pièce. Elle ne l’a pas connu non plus. Alors « pourquoi parler pour quelqu’un qu’on ne connait pas ? Qu’on n’a jamais connu ? ». Cette passion pour un mythe, pour « un héros qui ne faisait plus rêver », mais aussi pour le vrai Patrick, Christina, accompagnée de son accordéon et mélangeant avec subtilité des textes de films de Patrick Dewaere au sien, nous l’a fait ressentir d’une façon très émouvante. Moi je ne souhaite pas à Christina Kyriazidi de devenir un mythe mais de rester le plus longtemps possible une référence pour le public berlinois !

 

CHIC ET CHOC. LE MATCH D’IMPRO

Rien n’a manqué. Ni en Chic ni en Choc : les arbitres avec Knut, non, pas le petit ours blanc du Zoo mais Knut Heidelk de La Ménagerie, en léopard superbe et félin à merveille, et Bertrand Duteil sous sa perruque et ses airs de Sainte-Nitouche et avec sa verve bien connue que le MC Denis Aubert, avec son charme et humour déjà cités ci-dessus, avait quelquefois de la peine à freiner. Mais aidé par son deuxième et sage collègue Sylvain Fustier et leurs assistantes, Cécilia Coulon et Maria Fritzsche, vêtues Chic et Choc mais décentes dans l’action, ils ont laissé mener le jeu aux véritables combattants : les équipes Pablau Picassau et Gelb Banane !

Je le dis toujours : on ne peut pas décrire un match d’impro. Il faut le vivre. C’est plein de rebondissements, d’énergie, d’enchantement. Le Public est écroulé de rire. Je le regarde et je vois des grands enfants qui trépignent de joie. Et puis toujours cet affreux moment où il faut se décider pour l’équipe gagnante du moment ! La goutte amère.

ELLE, n’est pas sur la scène. ELLE, Marjorie Nadal a pourtant bien préparé ce match, dirigé ce groupe. Elle est assise dans le public, rit (je l’entends) et frémit (je suppose) avec lui. Elle aura bientôt un autre match, certainement le plus émouvant, qui se prépare aussi en neuf mois et se termine aussi par une impro. À l’heure où j’écris ces lignes le bébé fauve devrait avoir trouvé sa jungle !

Et comme la vie est un théâtre, alors que le Festival battait son plein, un autre bébé fauve venait au monde, celui de l’ancienne Présidente de la Ménagerie et du premier Festival, Hélène Lebonnois ! Bravo !

 

Une grande vedette à remercier : l’éclaireur et technicien de ce Festival et de bien d’autres events Vincent Lemoine. Sa compétence, son calme et sa gentillesse sont remarquables !

Et bien sûr un Grand Merci à la Coordinatrice du Festival Alexandra Henn ainsi qu’à ses assistantes Sabine Bosler, Maria Fritzsche, Géraldine Satre Buisson et Joséphine Dusol qui me ravit aussi aux matchs d’impro, merci aux artistes du OFF à toute l’équipe des surtitres, à tous les stagiaires et bénévoles sans qui le Festival ne serait pas une aussi grande réussite.

 

De Bang Bang à Chic et Choc rien que de bons moments !

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